Hommage à Bruce McLaren

Le 2 juin 1970, Bruce McLaren se tuait à trente-deux ans sur le circuit de Goodwood, en essayant sa nouvelle M8D Can-Am. Un demi-siècle plus tard, on mesure pleinement tout ce que cet homme exceptionnel a apporté au sport automobile au fil de sa courte vie.
Texte François Hurel
Photo DPPI

C’était un de ces matins ensoleillés comme tant d’autres, une séance de travail où il n’était pas nécessaire de prendre des risques insensés. N’en prenait-on pas déjà suffisamment en course ? A peine revenu d’Indianapolis où il avait assisté aux débuts de ses monoplaces sur le célèbre ovale, Bruce devait aussi préparer la série Can-Am. Un mécanicien distrait, un capot arrière (incluant l’aileron) mal fixé, un poste de commissaire en béton situé au mauvais endroit et c’en était fini d’un pilote que l’on pensait pourtant à l’abri d’une telle mésaventure, tant il était expérimenté et pondéré.
Né le 30 août 1937 à Auckland, ce fils d’un garagiste et pilote amateur se passionnait surtout pour le rugby avant qu’une maladie osseuse contractée à l’âge de neuf ans ne brise son rêve. Après trois ans de traitements et de privations, Bruce n’eut de cesse que de rattraper le temps perdu, poursuivant des études d’ingénieur et débutant en course de côte sur Austin Seven à l’âge de seize ans. Aidé par son père, il put racheter la Cooper F2 de Jack Brabham, qui prit le jeune « Kiwi » sous son aile. En 1958, Bruce devint le premier lauréat d’une opération permettant à un jeune pilote néo-zélandais d’aller tenter sa chance en Europe. Après avoir fait ses classes en F2, il débute en F1 en 1959 chez Cooper. Faisant preuve d’une étonnante maturité, il évite les mauvais coups et progresse si vite qu’en décembre, il devient à vingt-deux ans le plus jeune vainqueur d’un Grand Prix (record battu depuis) après sa victoire à SebringIl vous reste encore 90% de cet article à lire.
Extrait de l’article paru dans Echappement n°638, octobre 2020, magazine qu’il est possible de commander en format papier ou numérique (iPad, Android, Mac, PC…) sur le site hommell-magazines.com