Alpine en rallye, une épopée mondiale (2e partie) 1973-1978

Avec une berlinette fiabilisée, Alpine-Renault allait dominer la première édition du championnat du monde avant de se contenter d’objectifs isolés, Renault ayant redonné la priorité au circuit. L’A310 4 cylindres souffrira d’un manque de développement et sa version V6 se verra refuser un destin mondial.
Texte François Hurel
Photo McKlein

Après trois saisons internationales marquées par un titre en 1971, puis des soucis de fiabilité l’année suivante (voir notre précédent numéro), Alpine-Renault va atteindre son apogée en 1973. Elle sera hélas suivie d’une lente descente aux enfers, Renault préférant promouvoir ses propres modèles que ceux d’une marque dont elle avait pris le contrôle en janvier 1973. Reconduit dans son rôle de directeur sportif, Jacques Cheinisse se retrouvait ainsi sous la coupe de Jean Terramorsi, responsable de la compétition à la Régie.
Le Monte-Carlo inaugure le nouveau championnat du monde des rallyes, qui constitue l’objectif principal de la saison pour Alpine-Renault. Pour la première fois en principauté, les A110 sont équipées du moteur 1796 cm3 (170 ch pour un couple de 19,5 mkg) alimenté par deux carburateurs Weber. Après avoir été testé dans diverses épreuves nationales (Ronde Cévenole, Tour de Corse), ce moteur concocté par Marc Mignotet dans son atelier de Gennevilliers va propulser la Berlinette vers les sommets.
En l’absence de Porsche, les Alpine apparaissent favorites face aux Lancia Fulvia, Ford Escort, Fiat 124 Spyder et Datsun 240 Z. Aux trois mousquetaires dieppois que sont Thérier, Nicolas et Darniche, s’ajoutent les mercenaires Andersson et Andruet, le revenant Jean-François Piot, qui bénéficie d’un statut de semi-privé et les privés Claude Ballot-Léna et Bob Wollek, sous les couleurs de La Défense Mondiale. Si Mikkola (Ford) et Munari (Lancia) leur donnent du fil à retordre, les Alpine ne tardent pas à prendre l’avantage et elles occupent les trois premières places à l’issue du parcours commun, Andruet précédant Andersson et Nicolas. La dernière nuit va entrer dans la légende : dans le second passage du Turini, Andruet crève à l’arrière gauche et effectue l’essentiel de la spéciale ainsi, chutant à la 3e place. Dans un état second, il refait son retard lors des trois dernières spéciales et l’emporte devant Andersson et Nicolas : « Je suis quelqu’un qui accuse les coups, mais je finis toujours par réagir, se souvient Jean-Claude, et je pouvais faire des différences importantes quand j’étais déchaîné. Dans la Madone, j’ai attaqué comme un malade. Il fallait être fou, mais ça a tenu et j’ai battu le record de l’épreuve. Avec “Biche”, nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre. C’est une victoire qui mettait un terme à beaucoup d’injustices dans ce rallyeIl vous reste encore 90% de cet article à lire.
Extrait de l’article paru dans Echappement n°637, septembre 2020, magazine qu’il est possible de commander en format papier ou numérique (iPad, Android, Mac, PC…) sur le site hommell-magazines.com